Avec le Lucky Color 400, Lucky Film confirme son retour dans la photographie couleur. Connu ces dernières années pour ses films noir et blanc SHD 100 et SHD 400, le groupe chinois a dévoilé en 2025 le Lucky Color 200, sa première pellicule couleur négative de nouvelle génération, avant d'élargir sa gamme avec cette version ISO 400. Le film repose sur une émulsion conçue de zéro, avec une formulation, une chimie et un couchage inédits : aucun stock ancien, aucune pellicule rebadgée. Décliné au format 120, il vient enrichir une offre moyen format où les films couleur négatifs de 400 ISO restent peu nombreux. Vendu par lot de 10 rouleaux, il répond aux attentes des photographes professionnels et des amateurs avertis qui exposent régulièrement.
Un rendu chaud, contrasté et assumé
Pellicule négative couleur équilibrée pour la lumière du jour, le Lucky Color 400 se traite selon le procédé C-41, le standard partagé par l'ensemble des laboratoires couleur et des kits de développement amateurs. Aucun circuit spécialisé n'est donc nécessaire. Son esthétique se reconnaît au premier coup d'œil : contraste marqué, grain moyen bien présent et palette chaude qui fait ressortir avec intensité les rouges et les bleus. Les tons chair prennent de la chaleur, les primaires saturent franchement, alors que la végétation et les ciels conservent un rendu naturel. Cette signature visuelle trouve sa place dans le reportage urbain, la photo de voyage, le portrait en fin de journée ou le paysage sous un ciel voilé, pour qui privilégie le caractère à la neutralité.
Exposition : les bons réflexes
Comme beaucoup de négatifs couleur, le Lucky Color 400 accepte volontiers un excédent de lumière : la surexposition reste bien tolérée. La sous-exposition demande davantage de vigilance, car elle renforce la dominante chaude jusqu'à une teinte jaune difficile à rattraper, au scanner comme sous l'agrandisseur. Beaucoup d'utilisateurs l'exposent ainsi à ISO 200 lorsque la lumière le permet : ce diaphragme supplémentaire affine le grain et densifie les couleurs. En lumière contrastée ou changeante, une mesure sur les ombres limite les mauvaises surprises. À sa sensibilité nominale de 400 ISO, le film garde toute sa polyvalence, qu'il s'agisse de choisir une vitesse plus élevée pour un sujet en mouvement, de fermer le diaphragme pour étendre la zone de netteté ou de travailler en intérieur lumineux. Un négatif bien exposé se corrige d'ailleurs sans difficulté à la numérisation, et il reste utile de préciser au laboratoire la nature de l'émulsion.
Tout le potentiel du négatif 120
Le format 120 tire le meilleur de cette émulsion. Grâce à la taille du négatif, le grain se fait plus discret qu'en 35 mm, les agrandissements gagnent en confort et le contraste prononcé du film donne aux images une vraie présence graphique. Le nombre de prises de vue varie selon le boîtier : 8 vues en 6 x 9, 10 vues en 6 x 7, 12 vues en 6 x 6 et 15 à 16 vues en 6 x 4,5. Reflex moyen format, télémètre ou appareil pliant, tous les boîtiers 120 l'accueillent sans adaptation.
Proposé par 10 rouleaux, le Lucky Color 400 permet de mener une série complète avec la même émulsion et d'éviter de manquer de film en plein projet. Stockés au frais, à l'abri de la lumière et de l'humidité, les rouleaux non exposés conservent leurs qualités. Pour qui souhaite découvrir une pellicule couleur récente au tempérament marqué, tout en profitant de la simplicité d'un traitement C-41, ce film moyen format représente un choix aussi accessible que singulier.