Cinq rouleaux de 120 issus du même conditionnement, donc du même lot de fabrication : c'est ce que propose le Propack Kodak Eastman Ektapan 100, un film noir et blanc négatif panchromatique à tonalité continue de sensibilité ISO 100. Le nom Ektapan avait quitté le catalogue Kodak il y a une vingtaine d'années avant d'être remis en service au printemps 2026 par Eastman Kodak, qui l'applique désormais à une ligne de trois émulsions noir et blanc en 100, 400 et P3200, les deux premières étant proposées en 135 comme en 120. Cette référence 120 vise les utilisateurs de 6x6, 6x7 et 6x4,5 qui privilégient un négatif riche en information et un rendu maîtrisé plutôt qu'un grain expressif.
Un traitement noir et blanc sans chimie dédiée
L'Ektapan 100 se développe avec les révélateurs noir et blanc du commerce, D-76, HC-110 ou Xtol parmi les plus répandus, sans bain propriétaire ni équipement particulier à prévoir. Pour qui traite déjà ses films à la maison ou passe par un laboratoire généraliste, l'intégration au flux de travail existant se fait donc sans réorganisation. La gamme accepte par ailleurs les traitements poussés ou retenus, ce qui laisse la possibilité d'exposer volontairement au-dessus ou en dessous de la sensibilité nominale et de rattraper le contraste au développement. Cette souplesse reste utile en reportage d'intérieur ou lorsqu'une séance démarre en plein soleil et s'achève en lumière déclinante, situations où l'on préfère ajuster le temps de bain plutôt que changer de bobine en cours de route.
Ce que change le grain tabulaire sur le négatif
La particularité de l'Ektapan tient à la forme de ses cristaux d'halogénure d'argent. Plats et tabulaires, ils captent davantage de lumière à surface équivalente qu'un grain cubique classique, ce qui permet d'obtenir une définition supérieure tout en gardant une texture très peu marquée. Le négatif obtenu se caractérise par des contours francs, un contraste appuyé et une granularité qui ne vient pas se superposer au sujet. Kodak positionne l'Ektapan 100 comme l'émulsion 100 ISO au grain le plus fin actuellement commercialisée, avec des applications annoncées en photographie générale, architecturale, de portrait, de paysage et commerciale, soit l'ensemble des domaines où la finesse d'analyse prime sur l'effet de matière.
Moyen format et fort agrandissement
Un négatif 120 offre déjà une surface bien supérieure au 24x36, et l'association avec une émulsion capable d'encaisser un fort taux d'agrandissement repousse encore la limite du tirage exploitable. C'est là que ce film trouve sa cohérence : prise de vue posée, souvent sur trépied, lumière contrôlée, puis exploitation en tirage grand format ou en numérisation à haute résolution, avec un fichier qui conserve du détail jusque dans les zones les plus fines. Le conditionnement par cinq accompagne naturellement un travail de série, qu'il s'agisse d'un relevé architectural, d'une commande studio ou d'un projet personnel mené sur plusieurs sorties, avec la certitude de retrouver la même réponse tonale d'un rouleau à l'autre.