Gagner un ou deux diaphragmes en moyen format sans voir la granulation envahir le négatif reste une équation délicate en noir et blanc. Le Kodak Ektapan 400 y répond avec un film panchromatique à tonalité continue calé sur une sensibilité de ISO 400/27°, vendu par lot de cinq bobines au format 120 sous la référence 7519622. Eastman Kodak a introduit cette ligne en 2026, avec trois sensibilités au programme, dont deux disponibles à la fois en 135 et en 120. Le 400 occupe la position centrale de la gamme : assez rapide pour travailler à main levée en intérieur ou en fin de journée, assez fin pour supporter les tirages de grande taille sans que la texture du film ne s'impose au regard.
Cinq bobines pour une série suivie
Le conditionnement par cinq trouve sa logique dans la façon dont on travaille en moyen format. Une bobine 120 délivre 16 vues en 6 x 4,5, 12 vues en 6 x 6 ou 10 vues en 6 x 7 selon le boîtier, ce qui épuise vite un rouleau sur une séance un peu dense. Disposer de cinq bobines issues du même lot évite l'interruption en cours de reportage et garantit une continuité de rendu d'une bobine à l'autre, un détail qui compte dès lors qu'une série doit rester homogène au tirage. Ce format économique à l'unité s'adresse autant au photographe qui alimente une pratique mensuelle qu'au laboratoire ou à l'atelier pédagogique qui souhaite maintenir un stock disponible.
Des cristaux plats qui changent la texture
La différence de rendu entre l'Ektapan 400 et un film noir et blanc classique tient à la géométrie de sa couche sensible. Là où les émulsions traditionnelles reposent sur des cristaux d'halogénure d'argent cubiques, l'Ektapan utilise la technologie T-Grain, à base de cristaux plats et tabulaires. Cette forme expose davantage de surface à la lumière pour une quantité d'argent équivalente, ce qui augmente le rendement lumineux tout en réduisant la texture perceptible. Concrètement, le négatif présente des bords francs, un contraste affirmé, une définition élevée et une granulation discrète pour un film de cette sensibilité. La gamme tonale reste étendue, avec une bonne séparation dans les hautes lumières, ce qui ouvre l'usage au portrait, au paysage, à l'architecture et à la commande commerciale.
Une marge de manœuvre à la prise de vue comme au labo
La large latitude d'exposition du film absorbe les erreurs de mesure et autorise le traitement poussé ou retenu selon les conditions rencontrées, une souplesse appréciable lorsque la lumière change en cours de séance. Côté laboratoire, aucun bain spécifique n'est requis : le film se développe avec les révélateurs noir et blanc courants du marché, en traitement manuel comme en machine, ce qui simplifie le suivi des cinq bobines d'un même lot.