Passer au moyen format, c'est souvent un choix délibéré : on ralentit, on cadre avec plus de soin, on cherche une qualité d'image qu'aucun capteur ni aucune cartouche 135 ne peut tout à fait reproduire. La CineStill BwXX 250 en format 120 répond exactement à cette exigence, en apportant une émulsion de légende dans le gabarit qui lui sied le mieux.
L'émulsion est issue directement de la stock cinéma Eastman Double-X (5222/7222) de Kodak, un négatif panchromatique dont la formule n'a quasiment pas évolué depuis 1959. Ce film a tourné dans les caméras de Kubrick, de Scorsese, de Nolan : Raging Bull, Schindler's List, Manhattan, Oppenheimer ou encore The Lighthouse en sont quelques exemples emblématiques. CineStill en a rendu l'émulsion accessible aux photographes en retirant la couche Remjet (anti-halo) et en la conditionnant en rouleaux 120, compatible avec tout appareil moyen format standard, des Hasselblad et Rolleiflex aux Mamiya RB67 et Bronica.
Le format 120 révèle le plein potentiel de l'émulsion
Sur un négatif 120, la surface sensible est environ 4 à 6 fois supérieure à celle d'une vue 24x36, selon le format de prise de vue utilisé (6x4,5, 6x6, 6x7, 6x9). Cette surface agrandie transforme radicalement ce qu'une émulsion à grain fin peut offrir : là où le BwXX en 135 livre déjà une excellente netteté, la version 120 révèle un micro-contraste et une résolution de détail dans un registre supérieur. Les portraits bénéficient d'une douceur dans les transitions tonales que le petit format atteint plus difficilement.
La sensibilité reste identique à la version 135 : ISO 250 sous lumière du jour (5 500 K) et ISO 200 sous éclairage tungstène (3 200 K). Cette caractéristique variable, héritée de l'usage cinéma, est un avantage direct pour le photographe de studio ou de portrait qui travaille en lumière artificielle. Et comme en 135, le film peut être poussé en développement jusqu'à EI 800 couramment, voire EI 1 600 avec une compensation de traitement adaptée, ce qui ouvre des possibilités réelles en faible luminosité, même avec un boîtier sans grande ouverture de diaphragme.
Développement et manipulation
Le BwXX 120 est compatible avec l'ensemble des chimies N&B standards : D-76, Rodinal, HC-110, ID-11, et bien sûr le CineStill D96 ou le monobain Df96, qui simplifient le processus en une seule bain. L'absence de couche Remjet est ici déterminante : aucune préparation particulière, aucun bain de pré-traitement, une cuve ordinaire suffit.
Pour la conservation, le rouleau non exposé se stocke au réfrigérateur à 13 °C ou moins, dans son emballage d'origine hermétiquement fermé. Après une période au froid, il convient de laisser le film revenir à température ambiante avant ouverture, pour éviter toute condensation sur l'émulsion. Le film exposé doit être développé dans les meilleurs délais et conservé ensuite dans un endroit sec, à l'abri de la lumière.
Ce lot de 10 rouleaux 120 constitue un approvisionnement cohérent pour un photographe moyen format qui travaille en série, qu'il s'agisse de reportage, de portrait studio ou de travaux de paysage à la chambre technique. L'émulsion homogène d'un lot acheté ensemble garantit par ailleurs une consistance de rendu d'un rouleau à l'autre, appréciable lors de projets photographiques à plusieurs bobines.